1 mai 2012

Bonjour, je m'appelle S. j'ai 25 ans et je suis névrosée.



Je ne suis pas de celles que l’on regarde, ce n’est pas grave je ne voulais pas être regardée, remarquée, emmerdée. Mais maintenant que tu ne me regardes plus, pour de bon et à jamais, je me sens transparente et inutile, usée et spoliée.
Il y a ceux qui vous dirons que vous divaguez et que le temps passe, qu’avec lui tout s‘efface. Les ronds de jambe j’ai eu ma dose, je ne veux pas être au centre de l’attention mais juste être la pierre angulaire d’un terrien …
Je partage mon temps sans compter, j’égraine ces bouts de vie un peu partout, en essayant de la distiller de manière juste et proportionnée. Mais parfois je m’éprends et donne bien trop de mon temps à des individus qui n’en ont que faire. Il est temps donc justement d’avancer, ça y est c’est fait. Mais à qui vais-je donner ces précieuses minutes désormais ? Et quand ma vie sociale se meurt j’ai l’impression de laisser mourir ce capital temps pour rien, les grains de sables s’en vont vers nulle part, personne.
Si seulement quelqu’un pouvait les rattraper au vol pour les redistribuer ou m’en redonner un peu, ça serait pas mal déjà. Un bon début comme ils disent. En attendant je continue d’espérer.
S’ils vous demandent dites leur que ce sont les individus qui sont votre principale richesse. Il y a ceux qui préféraient cracher les billets plutôt que de s’excuser, et celles qui utilisaient ces dits billets du « pardon » pour faire en sorte que les gens n’aient jamais à lui pardonner quoi que ce soit.
Je ne veux pas qu’on me pardonne, je ne veux pas qu’on m’abandonne.

S.

10 avril 2012

"A nos souvenirs usés, à nos promesses insensées, nos secrets, à nos frivolités. Au spectacle qu'on leur a offert, à l'espoir qu'on s'est donné, à nos cicatrices condamnées, à notre frénésie. A toutes celles qui, à tous ceux qui, à vous tous qui. A nos discordes, à tes souhaits, à mes cauchemars et nos blessures. A nos heurts, à nos lamentations, à nos silences. A nos différences, à nos désirs avortés, à nos hostilités, à nos efforts stériles, à notre agonie. A nos célébrations, à notre sauvegarde affaissée. A nos misérables rappels et nos coups, à nos appels au secours et nos égarements. A toutes ces illusions, à nos fuites, à notre folie, à nos passions. A notre concordance, à nos malentendus, à notre irrégularité, à nos désaccords, à notre asymétrie, notre insuffisance, à notre confinement. A nos insouciances, à nos maux, à nos jeux de mains. A nos déchirures, à ces nuits blanches et ces jours obscurs. A nos sourires mensongers, nos causeries erronées, à nos pleurs celés. A nos danses efflorescentes, à notre allégresse égarée, à nos cruels regrets, à nos doux remords. A notre acharnement consommé. A ces mélodies éternelles, à nos fantômes invulnérables, à ces chiffres éphémères, à nos prétentions. A ces images obsolètes, à nos amères confidences. A ceux dont on s'éprendra, à ceux qui nous ont convoités. A notre perversion, à nos délicieuses douleurs, à nos retrouvailles révolues, à nos ennemis. A nos bien aimés, à notre trahison, à nos victoires. A cette belligérance qui n'est plus. A nos supplices, à nos sacrifices, à notre parfaite perplexité. A nos craintes, à nos méfiances, à nos psychoses, à notre haine. A nos titanesques inadvertances. A nos 'au revoir' et nos défectueux calculs. A notre mythique incompatibilité dont on se croyait préservés. A nos oublis, à nos incompréhensions, à notre bêtise. A nos faiblesses, à notre lâcheté, à ta jouissance et ma volupté. A notre débauche, à nos ardeurs interdites. A notre insolence, à nos belles défaillances, à notre arrogance. A nos crimes, à notre survie accomplie. A notre amitié. A notre massacre. A ceci cela. A tout ce qu'on a pris la peine de saccager, lentement, délicatement, avec soin. A ce qui ne sera plus. A nous."